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L’amiante au Québec: un risque encore bien présent dans les bâtiments existants

L’amiante a longtemps été utilisé pour ses qualités d’isolation, de résistance au feu et de durabilité. Même si sa vente, son importation et son utilisation sont interdites au Canada depuis le 30 décembre 2018, on peut encore en retrouver dans de nombreux bâtiments plus anciens au Québec.

C’est quoi exactement, l’amiante?

L’amiante est un groupe de fibres minérales qui a été incorporé pendant des décennies à différents produits de construction. Son usage a été large dans le bâtiment parce qu’il offrait une bonne résistance à la chaleur, au feu, au bruit et à l’usure.

Le problème n’est pas son nom sur papier, mais le fait que des fibres très fines peuvent se libérer dans l’air lorsqu’un matériau est coupé, percé, brisé, poncé, arraché ou détérioré.

À partir de quelle année faut-il se méfier au Québec?

  • De façon pratique, les bâtiments construits ou rénovés avant 1990 méritent une vigilance accrue.
  • Au Québec, le repérage vise notamment les flocages dans les bâtiments construits avant le 15 février 1990.
  • Il vise aussi les calorifuges dans les bâtiments construits avant le 20 mai 1999.
  • Au Canada, l’interdiction générale de vente, d’importation et d’utilisation date du 30 décembre 2018, mais cela ne retire pas l’amiante déjà présent dans les bâtiments existants.

Où peut-on en trouver?

L’amiante peut être présent dans plusieurs matériaux installés avant les règles modernes. La liste exacte dépend de l’époque, du bâtiment et des travaux déjà faits.

Isolation et protection

Flocages, calorifuges, isolants, protections coupe-feu, conduits et systèmes mécaniques.

Finitions intérieures

Plâtres, composés à joints, carreaux de plafond, carreaux de plancher, colles, mastics et certains panneaux.

Enveloppe et extérieur

Revêtements, soffites, toitures, produits de fibrociment et certains éléments d’étanchéité.

Éléments techniques

Chaudières, systèmes de chauffage, tuyauterie, joints et autres composants plus techniques selon le bâtiment.

Le risque n’est pas le même selon le type de matériau

Amiante friable

Les matériaux friables peuvent relâcher des fibres plus facilement sous l’effet des vibrations, du mouvement d’air ou d’une intervention. C’est le cas de certains flocages, calorifuges et isolants plus fragiles.

Amiante non friable

Les matériaux non friables sont souvent plus stables lorsqu’ils sont en bon état, mais ils deviennent problématiques dès qu’on les coupe, perce, retire, sable ou démolit sans méthode adaptée.

Pourquoi c’est dangereux?

Le danger vient de l’inhalation des fibres. Une fois en suspension dans l’air, elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons. L’exposition à l’amiante est associée à des maladies graves, dont l’amiantose, le cancer du poumon et le mésothéliome.

Il n’est pas nécessaire qu’un matériau soit visiblement dramatique pour poser un problème. Un simple chantier de rénovation mal préparé peut suffire à contaminer une zone de travail ou une habitation.

Les principaux risques reliés à l’amiante

  • Inhalation de fibres invisibles pendant des travaux, un dégât ou une manipulation.
  • Contamination de l’air intérieur si un matériau est endommagé, friable ou mal retiré.
  • Exposition des occupants lors de rénovations improvisées ou d’un chantier non contrôlé.
  • Exposition des travailleurs si les méthodes, EPI et mesures de confinement ne sont pas adaptés.
  • Contamination croisée de zones voisines, poussières, outils, vêtements et matériaux adjacents.

Risques pour la santé

L’amiante est associé à des maladies sérieuses. Les effets peuvent apparaître plusieurs années après l’exposition.

Amiantose

Une fibrose pulmonaire liée à l’inhalation de fibres, pouvant entraîner essoufflement et diminution de la capacité respiratoire.

Cancer du poumon

Le risque augmente avec l’exposition et peut être aggravé par d’autres facteurs comme le tabagisme.

Mésothéliome

Une maladie rare mais grave, souvent associée à l’exposition à l’amiante, qui touche la plèvre.

Latence longue

Le danger n’est pas toujours immédiat. Les conséquences peuvent se déclarer longtemps après les travaux ou l’exposition.

Quand le risque augmente vraiment

  • Lorsqu’un matériau est percé, scié, cassé, sablé ou démoli.
  • Quand un isolant, un flocage ou un calorifuge est friable, usé ou endommagé.
  • Lors d’un dégât d’eau, d’une infiltration ou d’un chantier après sinistre.
  • Quand les matériaux sont déplacés sans confinement, sans aspiration adaptée ou sans procédure claire.
  • Quand on suppose qu’un matériau est “probablement correct” sans l’avoir fait vérifier.

Le bon réflexe avant des travaux

  1. Identifier si le bâtiment ou le matériau entre dans une période à risque.
  2. Éviter de percer, couper, casser ou ouvrir le matériau suspect.
  3. Faire confirmer la situation par un échantillonnage ou un repérage adapté.
  4. Choisir ensuite la bonne séquence: confinement, retrait, décontamination ou travaux ciblés.

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Retirer soi-même un matériau suspect sans confirmation préalable.
  • Percer des murs, plafonds ou conduits anciens “pour voir ce qu’il y a derrière”.
  • Balayer à sec, souffler ou aspirer avec un équipement non adapté.
  • Continuer un chantier de rénovation alors qu’un matériau douteux a été découvert.
  • Supposer qu’un matériau est sans danger simplement parce qu’il semble stable à l’œil.

Questions fréquentes sur l’amiante

À partir de quelle période faut-il être vigilant au Québec?

Par prudence, tout bâtiment résidentiel construit ou rénové avant 1990 mérite une attention particulière. Au Québec, les règles de repérage visent notamment les flocages dans les bâtiments construits avant le 15 février 1990 et les calorifuges dans les bâtiments construits avant le 20 mai 1999.

Est-ce dangereux si le matériau est intact?

Le risque est surtout lié à la libération de fibres dans l’air. Un matériau contenant de l’amiante qui demeure intact, stable et non perturbé présente généralement moins de risque qu’un matériau cassé, friable, percé, poncé ou démoli.

Où peut-on en trouver dans un bâtiment?

On peut en retrouver dans certains isolants, calorifuges, flocages, plâtres, composés à joints, carreaux, revêtements, colles, mastics, panneaux, conduits, toitures ou autres matériaux installés avant les interdictions modernes.

Que faire avant des rénovations ou une démolition?

Avant de couper, percer, retirer ou ouvrir un matériau suspect, il faut faire vérifier la situation. L’échantillonnage et le repérage permettent de confirmer le risque et de choisir la bonne méthode d’intervention avant les travaux.

Quels sont les vrais risques pour la santé?

Les fibres d’amiante peuvent contribuer à des maladies pulmonaires graves, dont l’amiantose, le cancer du poumon et le mésothéliome. Le danger est surtout lié à l’inhalation de fibres libérées lors de la détérioration ou de travaux mal contrôlés.

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